Imaginer un monde sans racisme – Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale

Posted: 03/22/2018

par Laura Wilson

En cette Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, la communauté mondiale honore les 69 personnes qui ont été tuées par la police le 21 mars 1960, lors d’une manifestation pacifique contre l’apartheid à Sharpeville, en Afrique du Sud.

Les manifestants protestaient contre les pass, ces documents d’identité imposés par le régime pour limiter et contrôler les déplacements des Noirs de plus de 16 ans.

Sharpeville massacre

Manifestants anti-apartheid fuyant les tirs de police à Sharpeville, 31 mars 1960

En ce jour important, nous nous engageons à nouveau à éliminer la discrimination raciale, par tous les moyens à notre disposition. Nous renforçons notre discours critique d’antiracisme, en réfléchissant non seulement aux violentes conséquences du racisme à l’époque de l’apartheid en Afrique du Sud, mais aussi aux mouvements passés et présents dans le monde et dans notre cas, au Canada.

Reconnaitre l’existence de la discrimination fondée sur la race peut être difficile pour certains. Cependant, on peut leur expliquer que — comme en Afrique du Sud il y a 58 ans et dans d’innombrables lieux avant et depuis — être discriminé en raison de sa race peut être une situation de vie ou de mort pour les personnes racialisées.

La discrimination raciale se manifeste tous les jours de diverses façons : ouvertement ou subtilement, de façon systémique ou apparemment isolée.

Pendant que j’écrivais cet article j’ai reçu un appel de mon agent immobilier qui nous cherchait, mon partenaire et moi, un condo à louer au centre-ville de Toronto. Il nous en avait recommandé un que nous trouvions idéal — spacieux, propre, proche du lac et vacant. Nous avons préparé les documents requis, les renseignements sur notre travail et les références pour prouver que nous étions de bons locataires, mais notre offre a été rejetée. Pourquoi ? Apparemment, le propriétaire avait eu un accident avec des personnes qui nous « ressemblaient » l’an dernier et donc, il ne voulait pas nous louer l’appartement.

Peu lui importait que je sois avocate, ou que mon fiancé ait un doctorat. Peu importe que mon employeur soit le Barreau de l’Ontario. Nos salaires ne comptaient pas dans la balance. J’ai dû informer ma gestionnaire qu’elle ne recevrait pas les appels de référence que je lui avais annoncés concernant cette demande de location parce que rien de tout cela ne comptait pour le locateur. En fin de compte, c’est la couleur de notre peau qui a joué contre nous dans cette histoire.

De nombreux Canadiens noirs vivent la même expérience, tel que raconté dans cet article du Now magazine.

Au-delà des difficultés de trouver un bon endroit ou vivre, ce genre d’exclusion — qui se produit tous les jours, de façon constante, dans une métropole aussi diversifiée que Toronto — a l’effet de rappeler aux gens comme moi que nous ne sommes pas chez nous.

Ce que j’ai ressenti se vit également à un contrôle routier, au comptoir d’enregistrement de l’aéroport, à l’école ou au centre commercial. Et pour avoir entendu les témoignages de nos pairs, amis et collègues, la discrimination raciale systémique sévit dans les professions juridiques en Ontario.

Cette année, l’Organisation des Nations Unies a déclaré que le thème de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale était de « Promouvoir la tolérance, l’inclusion, l’unité et le respect de la diversité dans le contexte de la lutte contre les discriminations raciales ».

Par nos initiatives en matière d’égalité, de diversité et d’inclusion (EDetI) s’adressant aux titulaires de permis et au public, le Barreau de l’Ontario continue de démontrer son engagement à lutter contre la discrimination raciale dans les professions juridiques.

Comme l’a bien dit Shaneka Shaw Taylor pour appuyer nos initiatives d’EDetI, « le progrès n’est pas une mesure du chemin parcouru, mais de ce qui reste à accomplir. »

Avec la mise en œuvre de nos initiatives d’EDetI, les professions juridiques font des progrès, mais nous avons à peine amorcé le travail.

Le trésorier Paul Schabas a écrit dans son article dans le Toronto Star que, « pour éradiquer le racisme dans la profession juridique, il fallait reconnaitre et accepter le rôle que nous pouvons tous jouer. »

Quel est votre rôle ?

Laura Wilson with Treasurer

Laura Wilson avec Paul Schabas, trésorier, à l’évènement du Barreau pour la Journée internationale des femmes le 13 mars 2018.

 

Laura WilsonLaura Wilson est avocate associée, Initiatives en équité, au Barreau de l’Ontario.