Faire avancer l’objectif de la réconciliation : le professeur Jeffery Hewitt reçoit la Médaille du Barreau

Posted: 05/17/2019

Professor Jeffery HewittAdmis au barreau en 1998, Jeffery Hewitt (cri mixte) personnifie l’idéal universitaire de défenseur et de leader.

M. Hewitt est un professeur adjoint à la faculté de droit de l’Université de Windsor et il a été conseiller général pour la Première Nation Rama. Durant toute sa carrière universitaire, qu’il a consacrée aux régimes juridiques et à la gouvernance autochtones, au droit constitutionnel et administratif et aux droits de la personne et aux redressements, il a promu la réconciliation.

M. Hewitt continue d’inspirer de nombreuses initiatives juridiques autochtones centrées sur l’éducation et la justice autochtone. Comme ancien président de l’Association du barreau autochtone, il représente un modèle pour les défenseurs autochtones et il a aidé à créer un espace pour les traditions juridiques autochtones. Par son travail, M. Hewitt a démontré que les traditions juridiques cries et anishinabek ne diminuent pas, mais renforcent bien la relation avec le système juridique de l’Ontario.

M. Hewitt est l’un des lauréats de la Médaille du Barreau de cette année, médaille remise aux avocats de l’Ontario choisis pour leur contribution majeure à la profession.

Que représente ce prix pour vous ?

J’essaie encore de me faire à l’idée. Ce prix est inattendu et je suis redevable à tous ceux qui m’ont permis de me développer au cours de ma carrière parce que je n’y suis pas arrivé tout seul. C’est comme si la profession juridique s’aperçoit du travail accompli en communauté et de l’action, et j’espère que ceci est précurseur d’un engagement continu dans la profession envers les lois autochtones.

Qu’est-ce qui vous motive (ou vous a motivé) dans votre carrière juridique ?

Je ne me suis jamais senti complètement sûr de poursuivre le droit comme carrière, contrairement à certains de mes collègues. Pourtant, dans mes périodes de doute, quelqu’un arrive à point nommé – un professeur de droit qui a dit quelque chose dans une conférence qui m’a touché et convaincu de rester ; un mentor qui a présenté une revendication et a réussi à influencer la loi ; un ami ou collègue qui a exprimé une question ou un sentiment pour lequel je ne trouvais pas de mots avant de les entendre ; un ainé, un gardien du savoir ou un chef qui partage une expérience ou une histoire ; un membre de la communauté qui défie l’oppression avec grâce et met en valeur une sorte de pouvoir qui m’émerveille ; un membre de la famille qui me rappelle ce que signifie aimer et être aimé, et que ce travail en vaut la peine. Au-delà de tous ces moments, je reconnais en particulier que je ne serais pas ici sans la contribution de nombreuses femmes, autochtones et non autochtones, qui ont pris le temps de m’enseigner. En somme, il y a toujours eu quelqu’un qui s’est présenté à moi dans les moments où je ne savais même pas que je les cherchais. Aussi sentimental que cela puisse paraitre, c’est vrai : ce qui me motive (ou ce qui me fait avancer), ce sont les gens – les contributions humaines au droit et à la profession.

Quel conseil donneriez-vous aux nouveaux professionnels du droit qui amorcent leur carrière ?

Dès mes débuts, j’ai axé ma carrière sur la communauté et c’est ce qui a déterminé où j’étais utile et quel genre de travail juridique je ferais ou si je me spécialiserais. Cela m’a mené à la Première nation de Rama à titre d’avocat général – un poste dont j’ignorais l’existence à la faculté de droit, mais qui a été très gratifiant pour les membres de la communauté, les leaders, les cadres, le personnel et de nombreux autres. Elle m’a par la suite mené à l’université où j’ai le privilège de penser et d’écrire sur le droit et d’enseigner à la prochaine génération de professionnels du droit. Bien que cela ait fonctionné pour moi, la spécialisation est parfois ce qui fonctionne pour les autres. Je pense qu’il est vital de trouver sa place au sein de cette profession, même si certains jours on a l’impression d’être très seul. Bien que cela puisse sembler être un conseil simple, cela s’est avéré pour moi : trouvez votre place et faites le genre de travail qui vous plait. Cela ne veut pas dire que ce sera toujours facile. Parfois, ce que nous aimons le plus faire en droit peut être ce qu’il y a de plus difficile pour nous, mais ça en vaut quand même la peine.

La Médaille du Barreau est donnée pour des services exceptionnels dans le cadre de la profession, que ce soit dans la pratique, dans l’enseignement ou à d’autres titres professionnels, du moment que le service corresponde aux idéaux les plus élevés de la profession juridique. Il peut être décerné pour la dévotion aux tâches professionnelles sur une longue période ou un seul acte exceptionnel.

Cette année, 12 membres exceptionnels des professions juridiques recevront un prix du Barreau le 22 mai.