Le Barreau décernera un doctorat honorifique à l’avocate pionnière Delia Opekokew

Posted: 09/19/2019

Delia Opekokew Portrait

Le Barreau de l’Ontario décernera un doctorat en droit honoris causa (LLD) à l’éminente avocate autochtone Delia Opekokew, lors de la cérémonie d’assermentation à Toronto le 25 septembre.

Mme Opekokew, membre de la nation crie en Saskatchewan, était la première femme autochtone à être admise au barreau en Ontario (en 1979) et en Saskatchewan (en 1983). Elle a d’abord exercé le droit de la famille, le droit criminel et le droit des Premières Nations à Toronto à titre d’associée au sein du cabinet Zlotkin & Opekokew de 1979 à 1980, puis elle a continué d’exercer le droit des Premières Nations en tant que sociétaire au cabinet Blaney, McMurtry LLP de 1985 à 1990.

Au début de sa carrière juridique, Mme Opekokew a milité pour la reconnaissance des survivants des pensionnats indiens. Elle a d’ailleurs fréquenté l’un d’entre eux pendant plusieurs années. Elle a également été la première femme candidate à la direction de l’Assemblée des Premières Nations.

De plus, elle a agi en qualité de conseillère juridique pour la Federation of Saskatchewan Indian Nations de 1980 à 1985. Depuis 1990, elle exerce en tant que praticienne autonome spécialisée dans le droit autochtone et le domaine des droits issus des traités. Elle était l’une des trois commissaires nommés pour enquêter sur le meurtre par balle de Leo Lachance commis par le suprémaciste blanc autoproclamé, Carney Nerland.

Mme Opekokew a également introduit une action en justice en Ontario pour la famille et la succession d’Anthony O’Brien « Dudley » George, l’activiste autochtone qui a été tué par balle par un policier au parc provincial Ipperwash en 1995. L’enquête publique qui s’en est ensuivie a entrainé de nombreuses réformes, y compris la création du premier ministère des Affaires autochtones en Ontario, ainsi que l’apport d’importantes modifications aux démarches relatives au maintien de l’ordre dans le contexte des Premières Nations.

Entre 1998 et 2004, Mme Opekokew a plaidé une affaire qui a donné lieu à un important règlement financier pour les anciens combattants des Premières Nations qui avaient été omis après leur retour au Canada à la suite de leur service militaire à l’étranger.

De 2008 à 2017, elle a occupé la fonction d’adjudicatrice en chef adjointe du Processus d’évaluation indépendant (PEI) découlant de la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens (CRRPI). Auparavant, elle a été adjudicatrice pour le PEI de la CRRPI ainsi que pour le processus d’adjudication des pensionnats indiens créé par le gouvernement du Canada (de 2004 à 2009).

Largement reconnue par ses pairs en tant que pionnière et ardente défenseure des droits, Mme Opekokew a reçu de nombreuses récompenses, y compris le prix national d’excellence décerné aux Autochtones (2009), la récompense du président de la Women’s Law Association of Ontario (2012), la Médaille du Barreau (2013) et le prix d’excellence pour l’ensemble des réalisations de la Federation of Sovereign Indigenous Nations’ Saskatchewan First Nations Women’s Commission (2016). En octobre 2004, elle a été nommée conseillère juridique des peuples autochtones par l’Association du Barreau Autochtone du Canada.