Le santé mentale des femmes

Posted: 04/09/2019

Le santé mentale des femmesNous abordons de façon plus approfondie la maladie mentale chez les femmes afin de découvrir les besoins qui leur sont propres en matière de soins de santé et les façons dont nous pourrions mieux aider celles qui en souffrent.

L’OMS décrit la santé mentale comme un « état de bien-être qui permet à chacun de réaliser son potentiel, de faire face aux difficultés normales de la vie, de travailler avec succès et de manière productive et d’être en mesure d’apporter une contribution à la communauté ». (1)

Au cours de la dernière décennie, la société s’est beaucoup sensibilisée aux questions de santé mentale. Cependant, de nombreuses personnes ne savent toujours pas comment réagir, quoi faire et comment offrir leur aide si une personne leur confie des problèmes de santé mentale.

Statistiques sur la santé mentale des femmes :

  • 47 % des femmes sont considérées comme étant à haut risque de développer des troubles mentaux, comparativement à 36 % des hommes. (2)
  • 25,7 % des jeunes femmes se sont déjà automutilées, soit plus du double des jeunes hommes. (3)
  • Les femmes sont presque deux fois plus susceptibles que les hommes de recevoir un diagnostic de dépression. (4)
  • Les femmes qui ont subi des traumatismes tels que la violence physique ou sexuelle dans l’enfance sont de trois à quatre fois plus susceptibles de souffrir de dépression une fois devenues adultes. (4)
  • Les femmes ont tendance à éprouver un plus grand nombre de troubles de santé mentale concomitants que les hommes. La dépression peut être accompagnée d’anxiété, d’agoraphobie (sentiment d’insécurité), de trouble panique, de troubles à symptomatologie somatique ou apparentés (symptômes de maladie physique ou douleur qui ne peuvent pas être diagnostiquées avec précision) et de trouble de stress posttraumatique (TSPT). (4)
  • Chez les femmes, la fréquence d’un TSPT après exposition à des évènements traumatisants est beaucoup plus élevée, au moins le double de celle signalée chez les hommes. (4)
  • Un pourcentage alarmant de 80 % des personnes souffrant de troubles de l’alimentation sont des femmes, et ces troubles affichent le plus haut taux de mortalité de toutes les maladies mentales. (6)

Bien que plusieurs maladies mentales semblent toucher également les deux sexes, les femmes ont souvent des signes et des symptômes différents de ceux des hommes, nécessitant ainsi des traitements et services différents. Par exemple, l’âge de l’apparition des symptômes de la schizophrénie varie selon le sexe. Les femmes développent souvent cette affection plus tard que les hommes, et présentent plus d’hallucinations et de symptômes psychotiques. Dans le cas du trouble bipolaire, les femmes ont tendance plus que les hommes à avoir de courts intervalles et à souffrir davantage d’anxiété, de dépression et de maladies physiques concomitantes. Elles sont également plus souvent hospitalisées pendant leur phase maniaque.

Les femmes sont souvent occupées à aider tout le monde autour d’elles

Traditionnellement, les femmes assument une plus grande part que les hommes des soins à donner aux enfants et aux membres âgés de la famille. Malgré le fait que les femmes occupent de plus en plus des postes de direction, des études montrent qu’elles représentent encore 80 % des proches aidants. Le fardeau de toutes ces responsabilités augmente considérablement leur niveau de stress, lequel affecte non seulement leur santé mentale, mais aussi leur santé physique. Un rapport de l’OMS a souligné que l’inégalité du partage des tâches, plutôt que le nombre absolu d’heures travaillées, était l’indice le plus important de symptômes dépressifs.

D’autres facteurs très distincts augmentent également le risque qu’une femme développe des problèmes de santé mentale. Par exemple, les femmes qui souffrent de détresse émotionnelle, d’épuisement ou de difficultés parentales associés à la naissance d’un enfant, ou celles qui ont perdu leur bébé, risquent de développer une dépression postnatale grave. Les changements biologiques et physiologiques que leur corps subit après l’accouchement peuvent faire naitre chez elles un sentiment d’isolement et nuire à leur capacité de faire face au stress qu’entrainent leurs responsabilités supplémentaires. Le risque de problèmes de santé mentale augmente également lorsque des facteurs économiques, politiques et sociaux ont un effet néfaste sur le revenu, l’emploi et les conditions de vie des femmes, ce qui entraine des obstacles susceptibles de réduire leur accès aux soins de santé mentale. En fait, des études indiquent que les deux principaux indices de probabilité de problèmes de santé mentale et de recours ou non à des services de santé mentale sont le fait d’être mère célibataire et d’avoir un faible revenu. Fait intéressant, la prise en compte et la résolution de ces facteurs négatifs peuvent compenser les facteurs biologiques et reproductifs qui nuisent à la santé mentale des femmes, supprimant par le fait même de nombreux risques. (4)

Comment pourrions-nous mieux venir en aide aux femmes et favoriser leur santé mentale ?

Bien que les femmes soient plus portées que les hommes à parler à leurs médecins de leurs problèmes de santé mentale, elles hésitent toutefois à se faire soigner en raison de la stigmatisation sociale dont elles feraient l’objet et de leurs obligations en tant que mère et proche aidante. Si une femme ne cherche pas à obtenir de l’aide dès le début d’une maladie mentale, cela pourrait signifier qu’elle attendra encore longtemps avant de recourir à de l’aide ou à un traitement.

D’un point de vue historique, les traitements offerts aux femmes ont généralement fait abstraction des distinctions entre les sexes, et ce, même si les femmes atteintes de troubles mentaux liés à leur biologie font face à des défis qui leur sont propres. Les femmes réagissent souvent différemment des hommes aux médicaments, et les phases de leur cycle reproducteur peuvent influencer cette réaction et la façon dont les troubles de santé mentale se présentent. Le rapport intitulé Les femmes, la santé mentale, les maladies mentales et la toxicomanie au Canada : tour d’horizon, conclut que « Les caractéristiques et les besoins des femmes et des hommes en matière de santé ne sont pas les mêmes, non seulement en raison des différences physiologiques existant entre eux, mais aussi à cause de leurs façons distinctes de vivre, de travailler et de se divertir, et de la manière dont ils ont été éduqués dans l’enfance ». (5)

Une fois admis le fait que les femmes et les hommes ont des besoins distincts, nous pouvons collectivement commencer à travailler à faire évoluer les idées fausses et à nous attaquer aux facteurs de risque qui sont directement liés aux inégalités et préjugés économiques, sociaux et sexuels. Ces inégalités touchent le bienêtre mental et émotionnel des personnes concernées, et les solutions qui leur seront apportées contribueront à l’avancement de la société.

Aider les femmes susceptibles d’être particulièrement vulnérables

Certains groupes de femmes sont plus vulnérables que d’autres aux problèmes de santé mentale parce qu’elles sont souvent dépassées par leurs difficultés. Les immigrantes, par exemple, « font simultanément face à un environnement inconnu et à de nouvelles normes sociétales, sans le soutien de leurs anciens cercles sociaux ». (7) Les femmes victimes de violence ou d’agression à la maison ont besoin d’un soutien supplémentaire, étant donné que ces situations tendent à s’aggraver au fil du temps.

Ce que vous pouvez faire : Engager la conversation est souvent la première chose à faire 

Si une personne qui éprouve des problèmes de santé mentale vous aborde, ayez le courage de discuter ouvertement de ses préoccupations et de ses expériences sans jugement. Suggérez-lui des ressources en santé mentale, tout en vous montrant constamment soucieux et respectueux à son égard. Aidez-la à se rendre compte que même si elle peut se sentir piégée, elle ne l’est pas, et qu’obtenir de l’aide en vaut la peine. Si elle parle de mettre fin à sa vie ou de suicide, prenez-la au sérieux et appelez votre ligne d’urgence locale, ou appelez le 911 ou allez aux urgences si elle est en danger immédiat.

En travaillant ensemble à comprendre les influences que subissent les femmes lorsqu’il s’agit de problèmes de santé mentale, nous pouvons contribuer à favoriser un accès plus large à l’aide offerte, à briser la stigmatisation dont elles font l’objet et à les aider à développer la force de caractère et la résilience dont elles ont besoin pour relever leurs défis.

Références

  1. Organisation mondiale de la santé (2014). La santé mentale : un état de bien-être. Thèmes portant sur la santé. Extrait le 25 janvier 2019 du site www.who.int/features/factfiles/mental_health/fr/
  2. Chal, C. (2017) Tiré de These 3 groups are at “high risk” of mental health issues in Canada. Here’s why. Global News. Extrait le 25 janvier 2019 de https://globalnews.ca/news/3415871/these-3-groups-…
  3. Agenda Alliance for Women & Girls at Risk (n. d.). Women’s Mental Health Facts, Extrait le 25 janvier 2019 de https://weareagenda.org/womens-mental-health-key-f…
  4. Organisation mondiale de la Santé (s.d). Gender Disparities in Mental Health. Extrait le 25 janvier 2019 de http://www.who.int/mental_health/media/en/242.pdf
  5. Le Réseau canadien pour la santé des femmes. Extrait le 25 janvier 2019 www.cwhn.ca/fr/node/41805
  6. Centre de toxicomanie et de santé mentale www.camh.ca/fr/
  7. Immigrant Women’s Mental Health in Canada in the Antenatal and Postpartum Period by D. Urindwanayo. doi: 10.1177/0844562118784811. Epub 2018 Jul 12. Lien au résumé public au www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29999419

Soutien

Pour accéder au Programme de soutien par les pairs, composez le 1 855 403-8922 ou visitez le site www.monpam.comLe Barreau ne joue aucun rôle dans l’offre de ce service.

Coaching IntelliVie

Recevez de l’aide en vue de trouver une solution à bon nombre de problèmes liés au mode de vie, à la santé, à la carrière, à la garde d’enfants ou aux difficultés parentales, à l’abandon du tabac, aux finances, à la préparation à la retraite, à l’alimentation, à la gestion du poids ou à l’avancement professionnel.

Accédez à des ressources et outils personnalisés en tout temps et en tout lieu

Ouvrez une session dans la zone du site Web de Homewood SantéMC réservée aux membres afin d’y trouver en tout temps des outils, cours en ligne, articles et ressources de soutien spécialisés relatifs à la santé et au mieux-être.

Homewood Santé fournit son programme d’aide aux membres (PAM) aux avocats, parajuristes, juges, étudiants des facultés de droit ou collèges de techniques juridiques agréés de l’Ontario et candidats au processus d’accès à la profession d’avocat, ainsi qu’à leur famille. Le PAM est un programme offrant des services confidentiels financés par le Barreau de l’Ontario et LawPRO, desquels il demeure totalement indépendant. Pour en savoir plus sur le PAM, veuillez consulter le site www.monpam.com ou composer le 1 855 403-8922.