Travail pour éliminer la violence contre les femmes : Mary Lou Fassel reçoit le prix Laura Legge 2018

Posted: 05/15/2018

Mary Lou FasselMary Lou Fassel : Admise au Barreau en 1983, Mary Lou Fassel a fait des réalisations extraordinaires et démontré un grand leadership dans son travail à la clinique Barbra Schlifer. En intégrant des services à la clientèle à des initiatives de défense systémique, elle a travaillé à l’amélioration des lois et des processus juridiques pour les survivantes de violence.

Me Fassel incarne les meilleures qualités de la profession par son travail exceptionnel qui s’inscrit dans trois décennies de pratique. Son engagement à éliminer la violence contre les femmes fait l’objet d’éloges bien mérités.

Dans le cours de son impressionnante carrière, elle a consulté des législateurs, des décideurs politiques et des leaders de la communauté pour s’attaquer à la violence du point de vue des victimes. Elle a créé et donné des centaines de cours de perfectionnement professionnel et de formation juridique publique, a supervisé des interventions devant la Cour suprême du Canada ayant une incidence sur les droits des femmes à l’égalité en droit criminel. Sous la direction de Me Fassel, la clinique Barbra Schlifer a aussi livré un cours général de formation clinique aux étudiants des facultés de droit de l’Université de Toronto et d’Osgoode Hall.

Que signifie ce prix pour vous ?

 « Cela veut dire beaucoup pour moi de recevoir le prix Laura Legge. Laura fait partie d’une longue tradition de femmes qui luttent pour atteindre l’égalité à l’intérieur et à l’extérieur de la profession juridique.

 Elle a été une pionnière et comme tous les pionniers, elle a ouvert la voie à d’autres femmes pour avoir une carrière et atteindre leurs objectifs personnels, malgré les barrières institutionnelles et culturelles.

 J’ai toujours admiré les femmes comme Laura, qui ont eu le courage de se battre contre les conventions et qui continuent à se battre pour l’égalité de traitement, parfois face à une grande résistance. Son leadership a été une source d’inspiration pour les femmes. En tant que personne qui a joué un petit rôle dans cette lutte, je suis profondément honorée d’être ajoutée à la liste des lauréates du Prix Laura Legge. »

 D’abord attirée par une carrière en politique, Me Fassel croyait qu’une formation en droit serait un bon point de départ.

Depuis des générations, sa famille se passionne de politique, tant sur le plan local qu’international. Les évènements familiaux ont toujours été nourris de débats sur la politique et les mouvements politiques. L’injustice sociale au Canada et la détérioration des institutions démocratiques dans de nombreux pays la poussent encore à s’engager.

« La détresse de notre monde naturel nous force à “remarquer” et agir si possible pour arrêter la destruction de l’environnement ; il faut reconnaitre et traiter la tragédie des personnes déplacées dans le monde, tout comme le racisme et l’oppression des peuples dans le monde entier, et bien sûr, la violence à l’égard des femmes sous toutes ses formes », déclare Me Fassel.

Pendant ses études de droit, elle a ressenti une insatisfaction générale quant à ce qui semblait être les limites de la loi en tant qu’outil de changement social, mais en même temps, elle était saisie d’un grand idéalisme concernant la capacité de la loi à apporter des changements fondamentaux et positifs dans la vie des gens.

Lorsqu’on lui a demandé ce qu’elle considérait comme la plus grande réalisation de sa carrière, elle a parlé de son travail à la clinique Barbra Schlifer. Cette clinique est un organisme sans but lucratif, unique en son genre, qui se distingue par le fait qu’il offre plusieurs services essentiels aux femmes victimes de violence (juridique, counseling et interprétation linguistique), qu’il se concentre sur toutes les formes de violence (agression sexuelle, violence conjugale et abus sexuel des enfants) et qu’il combine des services directs aux survivants à un large éventail d’initiatives de défense des droits.

À ce chapitre, elle considère que sa plus grande réussite a été de fournir des services à plus de 40 000 femmes pendant son mandat en tant que directrice juridique de la clinique, des services qui ont aidé ces femmes à transformer leur vie.

Elle est particulièrement fière du travail qu’elle a accompli, de concert avec d’autres défenseurs des droits des femmes, pour modifier la Loi portant sur la réforme du droit de l’enfance afin d’inclure la violence familiale comme critère de détermination de la garde, et la modification de 1992 du Code criminel qui a redéfini l’agression sexuelle et le consentement et élargi la «loi sur la protection des victimes de viol» préexistante qui avait été invalidée par la Cour suprême du Canada.

Elle est également très fière de son travail en faveur de l’introduction de la disposition du Code criminel qui limite la production des dossiers personnels des plaignants dans les procès pour agression sexuelle.

Retraitée de la loi, mais toujours profondément engagée dans les questions de justice sociale, ce prix rappellera toujours à Me Fassel la valeur et l’importance de contribuer au bienêtre de la communauté, en utilisant les compétences, outils et privilèges dont elle dispose, grâce à son statut professionnel, de participer aux processus de changement – et de rester engagée dans le dialogue sur la justice sociale.

Le Prix Laura Legge, créé en 2007, est remis chaque année à une avocate en reconnaissance de ses services rendus pendant qu’elle était membre du Barreau de l’Ontario. Laura Legge a été membre du Barreau durant plus de 60 ans. Elle a été la première femme élue conseillère, puis la première femme élue trésorière. Elle était associée principale chez Legge & Legge. Ce prix commémore sa carrière professionnelle exemplaire, son mentorat d’autres avocats, le grand service qu’elle a rendu au Barreau pendant si longtemps et sa contribution admirable à la communauté.

Cette année, 10 membres exceptionnels des professions juridiques recevront des prix du Barreau le 23 mai.